Le port et le chemin
À travers un échange d’une rare authenticité entre Hafid Ouardiri, musulman croyant et pratiquant, engagé dans le dialogue inter-religieux, et Mohamed Hamdaoui, non-croyant, profondément laïque, ce texte – animé par Christiane Elmer, catholique – donne à entendre deux voix sincères, parfois opposées, mais toujours respectueuses. Dans un contexte où les discours sur l’islam et les musulmans sont trop souvent monopolisés par les extrêmes – entre clichés, peurs et récupérations politiques – cet entretien apporte un souffle salutaire. Il nous invite à plonger, sans détour ni langue de bois, dans la complexité des rapports à la foi, aux coutumes, à la société. Comprendre, oui. Mais encore faut-il le vouloir. Et ce « vouloir » fait cruellement défaut, notamment dans les sphères politiques que j’ai côtoyées – parmi les décideurs et parlementaires – où bien des voix préfèrent les raccourcis à la rencontre.
Article du Biel/Bienne - 11.08.2026
Précommande Format papier 10x18, 100 pages
Notes biographiques
Christiane Elmer est née un jour de pluie, le 22 août 1959, à La Chaux-de-Fonds. Elle suit sa scolarité entre sa ville natale, Sierre et Bienne. Après des études ès Lettres à Neuchâtel, elle revient à Bienne où elle effectue un stage de journaliste auprès de l’hebdomadaire BIEL BIENNE. Durant trente ans, elle assume la rédaction francophone de l’Angelus, le bulletin paroissial catholique de Bienne et environs, ce qui lui permet de travailler également pour la radio et la télévision locales, dans le cadre d’émissions œcuméniques. Fraîchement retraitée, elle participe à divers projets rédactionnels et s’attelle notamment à l’écriture d’une seconde brochure, suite de « L’étreinte de la grâce », parue en 2020. Passionnée de poésie, mais plus encore de Dieu, elle met sa joie et sa plume au service de sa foi. Christiane Elmer est mariée et sans enfant.
Mohamed Hamdaoui est né « un jour du printemps 1964 quelque part dans le Sahara algérien » dans une famille touarègue. Atteint de la polio, il arrive en Suisse, à Bienne, en 1967, ville où il effectuera sa scolarité et décrochera une Maturité scientifique. Après l’obtention de sa licence ès sociologie et anthropologie à l’Université de Lausanne, il deviendra journaliste, profession qu’il exercera notamment à la Télévision suisse romande, comme journaliste politique au Palais fédéral, et dans différents titres de la presse écrite. Depuis 2013, il siège au Conseil de ville (Parlement) de Bienne qu’il présidera en 2025 et 2026. Il a également été durant huit ans membre du Grand conseil bernois, d’abord au sein du Parti socialiste, puis pour le Centre. Membre du Comité laïque romand, il s’est engagé en faveur de l’initiative anti-burqa acceptée en 2021. Mohamed Hamdaoui est célibataire et sans enfant.
Hafid Ouardiri est né au début du printemps 1946 dans l’ouest de la future Algérie. À l’époque, sa terre était encore une colonie française. Comme nombre de jeunes de son âge, il a vécu de l’intérieur la Guerre d’Indépendance qui allait déboucher sur les accords d’Evian et la création de la République démocratique et populaire d’Algérie. Coïncidence ou pas : c’est aussi sur les bords du Léman qu’il a passé une grande partie de sa vie. Avant de diriger la Fondation Entre-connaissance de Genève dont le but est de « tisser des liens entre la civilisation islamique et le reste du monde et d’œuvrer pour la connaissance et la compréhension des cultures et des peuples par le dialogue », il fut aussi le porte-parole de la grande Mosquée de cette ville. Hafid Ouardiri est plusieurs fois
grand-père.
