Le réconfort de la nature et de la poésie
Hospitalisée à plusieurs reprises, Yolande Favre a fait l’expérience de l’évasion, de la consolation puis enfin de la guérison grâce à l’aide de ses compagnons de toujours, les arbres et les poètes.
Qui prête attention au paysage visible depuis sa chambre d’hôpital, lorsqu’on est alité, soumis à des soins dont dépend la survie ?
Au fil des jours de sa convalescence, l’auteure réalise peu à peu qu’elle n’est pas seule avec sa souffrance et son impatience. Un couple de peupliers lui tient compagnie, en frémissant et dansant dans le vent. Dans une rêverie éveillée, elle se surprend à dialoguer avec ces végétaux qui se balancent devant sa fenêtre et qui lui font oublier la matérialité douloureuse de son corps. Autre hôpital, autre arbre. Cette fois, c’est un platane qui la berce et qui lui apprend la patience.
Dans son petit livre intitulé « Le rire des peupliers et les mots des poètes », Yolande Favre relate de manière résolument poétique, son périple hors du temps palpable, qui l’a finalement mené jusqu’à la porte de sortie des hôpitaux et à celle, d’entrée, ouverte sur la guérison.
Elle n’évoque pas uniquement les arbres parmi ses secouristes de fortune. Les poètes qu’elle aime et qu’elle lit depuis longtemps l’accompagnent également de lit en lit, de livre en livre. Les mots magiques de Christian Bobin, Joël Verney, Charles Wright, Rémy Oudghiri, Lionel Astruc, Kenneth White et d’autres l’ont réchauffée et éclairée jusqu’au fond de son âme durant sa convalescence.
Ils lui ont aussi donné l’envie d’écrire, de poser ses propres mots pour raconter son aventure de renaissance, qui l’a menée à travers les couloirs de ces lieux devenus peu à peu hospitaliers.
Ce texte, elle le confie à présent à toutes celles et à tous ceux qui se retrouvent dans sa situation, coupés du monde quotidien et soumis au rythme lent et finalement consolant des soins hospitaliers, en espérant qu’il leur permettra, comme à elle, de s’évader dans les profondeurs de la poésie et de l’imagination.
Et ce livre, c’est aussi un grand cri du cœur, un grand « merci », adressé à tout le personnel soignant qui accompagne, de manière bien réelle cette fois, les malades en mode de survie et d’espoir.
Préface de l'ingénieur forestier Ernst Zürcher, auteur entre autres du livre Les arbres, entre visible et invisible, Actes Sud, 2016
Yolande Favre
Depuis son séjour en Californie, dans la mouvance psychédélique des années hippies, de ses embardées de-ci de-là, d’errances en silences, Yolande Favre, domiciliée à Bienne, voyage pour combler son besoin de vastitude, d’espaces intenses, pour respirer large, explorer le grand dehors et s’initier à une géopoétique du monde.
Elle écrit presque toujours à l’air libre, sur les sentiers ou les routes, même sous la pluie, à pied, en bus, en train, en avion, elle écrit toujours en mouvement… et accumule ainsi carnets de route, proses poétiques, haïkus, histoires et poèmes.
Le rire des peupliers et les mots des poètes, écrit lors de longues hospitalisations est un projet littéraire qui se veut généreux.
Ainsi, pour chaque livre vendu, CHF 5.- seront versés à la Fondation Théodora.
Voir la page d'auteure de Yolande sur le site de l'Association des écrivains neuchâtelois et jurassiens (AENJ) pour ses autres - nombreuses - publications et son site personnel.
